La Citroën GS Birotor reste une révolution mécanique méconnue, un pari technique où la marque française a placé ses espoirs dans le rotor Wankel. Ancien carrossier retraité, je répare bénévolement des autos anciennes et j’ai toujours gardé une fascination pratique pour ce moteur birotor compact et vif. À la croisée des chemins entre modernité et erreur de timing économique, la GS Birotor illustre à la fois l’audace de l’automobile française et les limites du moteur rotatif face au choc pétrolier. Ce texte décrit sa genèse, dissèque sa mécanique et livre conseils d’entretien tirés d’ateliers réels, pour que les passionnés comprennent pourquoi ce modèle méconnu suscite encore l’intérêt des collectionneurs en 2026.
La Citroën GS Birotor : genèse, contexte et héritage dans l’histoire automobile
La GS Birotor a été présentée au public en 1973 et produite en petite série au printemps 1974. Fruit d’un partenariat avec Comotor/NSU, elle conservait la silhouette élégante de la GS mais avec des ailes élargies et une finition spécifique.
La conjoncture énergétique a rapidement rendu le moteur rotatif moins viable commercialement, et la diffusion limitée à quelques centaines d’exemplaires a transformé la GS Birotor en curiosité historique. Pour les amateurs, elle reste un témoin d’innovation technique et un chapitre marquant de l’histoire automobile française.

Chaque exemplaire retrouvé aujourd’hui explique pourquoi ce modèle alimente débats et restaurations soignées : puissance vive, tenue de route confortable, mais consommation et complexité techniques exigeantes.
Cette page poursuit en détaillant la mécanique et les recommandations pratiques issues de mes années d’atelier pour préserver cette pièce d’histoire automobile.
Mécanique du moteur birotor : caractéristiques techniques et fonctionnement
Au cœur de la GS Birotor se trouve le moteur COMOTOR Type 624, un birotor de conception Wankel. Sa cylindrée équivalente est souvent indiquée à 1990 cm³ (avec V-v = 497,5 cm³ par rotor), offrant 107 cv à 6500 tr/min et un couple notable à bas régime.
Le principe d’admission et d’échappement radiaux, l’excentricité de 14 mm et la largeur des rotors (67 mm) confèrent à l’ensemble une compacité et une sonorité particulières, mais imposent des tolérances et un entretien spécifique.
Données essentielles (capacités, huile, carburant)
Les consommables et niveaux sont distinctifs : l’huile moteur se loge à 4,75 litres (préférer Total Altigrade GTS 20W50 ou Total GT 20W40), le circuit de refroidissement à 9 litres, et le réservoir à 56 litres. La boîte automatique à convertisseur demande environ 4,0 à 5,2 litres d’huile spécifique.
Le moteur utilise une injection d’huile dans le carburant à taux très faible (≈ 1%) pour lubrifier segments et paliers : une spécificité à surveiller absolument pour éviter l’usure prématurée.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Moteur | COMOTOR Type 624 – birotor Wankel |
| Puissance | 107 cv à 6500 tr/min |
| Couple | 14 m·Kg à 3000 tr/min |
| Cylindrée | 1990 cm³ (équivalent) |
| Consommation | DIN ~ 12,8 L/100 km (ville jusqu’à 30 L/100 km en usage intense) |
| Vitesse maxi | 175 km/h |
| Production | ~ 847 exemplaires (1974–1975) |
Ces chiffres montrent que la GS Birotor offrait une vraie performance automobile pour sa catégorie, mais au prix d’une consommation et d’un entretien exigeants.
Entretien, réglages et conseils d’atelier pour préserver le rotatif
En atelier bénévole, j’ai rencontré des GS Birotor dans divers états : certaines admirablement conservées, d’autres négligées. Le secret tient souvent à la qualité des huiles, au contrôle de la pompe doseuse d’huile et au respect des pressions d’huile indiquées (4,7 bars à 2000 tr/min, puis 6–7 bars en haut régime).
Les réglages d’allumage et l’entretien du carburateur SOLEX 32 DD ITS sont cruciaux pour limiter l’encrassement et assurer la longévité des rotors.
Liste de contrôle d’entretien (prioritaire)
- Vérifier et remplacer l’huile moteur et le filtre (MANN/PURFLUX) selon préconisations.
- Contrôler la pompe doseuse d’huile rotative et l’alimentation carburant.
- Tester la pression d’huile au thermo-contact à froid et en charge.
- Contrôler l’allumage : bougies (BOSCH MAG 340 T2 SP), jeu rupteur et avance statique/dynamique.
- Surveiller le circuit de refroidissement (2 ventilateurs) et la propreté du réacteur d’échappement.
Une anecdote d’atelier : j’ai retrouvé un exemplaire dont le petit robinet de pompe doseuse était partiellement obstrué — la voiture perdait du rendement sans pousser le moteur au-delà des 4000 tr/min. Un nettoyage simple a redonné l’allonge et réduit la fumée au démarrage.
Ces opérations maintiennent la santé du moteur rotatif et évitent des frais lourds à long terme.
Place dans le patrimoine automobile : pourquoi ce modèle reste un symbole
La GS Birotor est aujourd’hui perçue comme un symbole d’innovation technique et d’audace industrielle. Elle illustre une époque où l’automobile française cherchait des solutions nouvelles, quitte à prendre des risques commerciaux.
En 2026, les exemplaires complets, entretenus et avec historique, trouvent leur place dans des collections et musées. Leur rareté renforce l’intérêt des restaurateurs et des amateurs, qui cherchent à préserver cette page singulière de l’histoire automobile.
L’enseignement le plus net reste que l’innovation, même si elle échoue commercialement, laisse un patrimoine technique riche et formateur pour quiconque souhaite comprendre la mécanique du moteur birotor.



