Ancien carrossier à la retraite, je passe encore une partie de mes journées à remettre en route des autos qui ont une histoire. La Citroën GS, pour moi, incarne une révolution automobile des années 1970 et années 1980 : une voiture française compacte au design innovant qui associait confort, suspension hydropneumatique et performance. J’ai croisé des modèles fatigués et des restaurations miraculeuses, et ce qui suit mêle souvenirs, données techniques et conseils pratiques pour qui veut redonner vie à cette auto. Ma route avec Marcel, propriétaire d’une GS de 1972, sert de fil conducteur pour expliquer la technique, la motorisation et l’entretien utile encore en 2026.
Naissance et impact de la Citroën GS dans les années 1970
La GS est apparue en 1970 pour combler le vide entre l’Ami 8 et la DS. Son design innovant et sa silhouette aérodynamique (avec un Cx: 0,36 remarquable pour l’époque) lui ont permis d’offrir des performances tout en limitant la consommation.
Devinette : Citroën GS
Présentée au Salon de Paris en octobre 1970, elle a rapidement été primée et élue voiture de l’année en 1971. Entre juillet 1970 et septembre 1979, environ 1 896 742 exemplaires furent construits, et la saga GS/GSA dépassera finalement les 2,4 à 2,5 millions d’unités jusque 1986.

La GS a changé l’image des Citroën compactes, offrant une alternative pratique et racée pour les familles et les conducteurs exigeants. C’est une auto dont l’impact se mesure encore aujourd’hui dans l’histoire industrielle française.
Cette révolution stylistique et technique a durablement modifié la gamme Citroën — un fait que l’on observe encore dans les lignes des modèles récents.
Technique et motorisation : suspension hydropneumatique et performances
Moteur, transmission et freins expliqués
La GS lançait une formule technique soignée : un moteur boxer 4 cylindres à plat, refroidi par air, proposé au départ en 1 015 cm3 avec environ 55,5 ch DIN. La boîte manuelle à 4 rapports, la direction à crémaillère et les freins à disques assistés en haute pression conféraient une tenue de route sûre pour l’époque.
| Caractéristique | Spécification 1970 |
|---|---|
| Moteur | 4 cylindres à plat, 1015 cm³, 55,5 ch DIN |
| Suspension | Hydropneumatique à hauteur constante, essieu avant anticabreur |
| Performances | Vmax ≈ 149 km/h, consommation 7–8 L/100 km à 80 km/h |
| Dimensions | Longueur 4,12 m, empattement 2,55 m |
Le point fort reste la suspension hydropneumatique, héritée de la DS, qui offre un confort et une constance de hauteur inégalés sur une compacte de cette époque.
Entretien technique et recommandations pratiques
En tant que carrossier retraité, j’ai établi une liste de vérifications prioritaires avant toute restauration :
- Contrôler l’état des sphères et des canalisations de l’hydropneumatique pour éviter les fuites et la perte de hauteur.
- Vérifier l’usure des courroies de distribution qui commandent les arbres à cames ; leur rupture peut endommager le moteur.
- Examiner les disques et la pression du circuit de freinage assisté, indispensables pour la sécurité.
- Surveiller la corrosion des points d’ancrage du châssis et des longerons, fréquente sur les modèles mal stockés.
- Tester l’allumage et le système de refroidissement par air pour optimiser la motorisation.
Pour les véhicules modernes, savoir décoder les voyants du tableau de bord reste une compétence utile lorsque l’on intervient sur des voitures récentes ou des conversions électriques inspirées par la GS.
Suivre ces étapes évite des réparations coûtant plus cher que la restauration elle‑même. C’est la règle d’or que j’applique systématiquement.
Conseils pratiques pour la restauration et l’héritage en 2026
Astuces du carrossier pour remonter une GS
Quand Marcel est venu avec sa GS de 1972, la première chose que j’ai faite fut d’isoler les fuites hydrauliques et d’assurer une remise en état des étriers de frein. Les petites interventions régulières garantissent la pérennité d’une voiture de collection.
Quelques conseils concrets : privilégier les pièces d’occasion révisées plutôt que des composants neufs peu fiables, garder une documentation technique d’époque et noter chaque intervention pour la revente éventuelle.
Pour comprendre les failles actuelles de certaines petites Citroën modernes et en tirer des parallèles utiles pour la recherche de pièces, consultez aussi l’analyse des points faibles de la nouvelle Citroën C3, qui éclaire certaines évolutions industrielles récentes.
La GS reste un témoignage d’ingénierie et un projet de restauration accessible si l’on respecte la technique et l’histoire du véhicule. Une restauration bien pensée prolonge son histoire pour les décennies à venir.
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