Présentée à l’été 1974, la Citroën CX s’impose vite comme une voiture légendaire et un symbole de l’automobile française. Son profil aérodynamique signé Robert Opron, sa lunette incurvée et sa suspension hydropneumatique ont changé les codes du design automobile et de l’innovation technique. Fabricant presque 1,2 million d’exemplaires jusqu’en 1991, la CX a traversé les décennies en accumulant dérivés et améliorations, de la berline au break Evasion. Retraité carrossier bénévole, j’ai passé des heures à réparer ces carrosseries effilées : elles racontent une histoire, celle d’un constructeur qui osait. Voici un regard technique et pratique sur ce modèle classique, sa production, ses moteurs et les conseils pour le préserver aujourd’hui.
Citroën CX 1974-1991 : héritage et place dans l’histoire automobile
La CX succède dignement à la DS et porte l’ambition d’un haut de gamme français moderne. Élue Voiture de l’année 1975, elle combine traction avant et suspension hydropneumatique, offrant un confort qui surprend encore.
3 questions rapides pour vous immerger dans cette légende automobile.
En quelle année la CX a-t-elle été élue Voiture de l’année ?
Sa carrière longue — berlines jusqu’en 1988 et breaks jusqu’en 1991 — illustre une réussite industrielle malmenée par les évolutions du marché. En 2024, seules quelques unités subsistent : selon une enquête, il resterait environ 2 027 CX en circulation, ce qui en fait aujourd’hui un objet de collection recherché.
La CX est ainsi un témoin majeur de l’histoire automobile française et un repère pour les passionnés désireux de préserver un morceau d’innovation technique. Son impact sur les générations suivantes est tangible, de l’XM à la C6.
Insight : la CX reste, par son audace esthétique et technique, une référence pour qui aime les voitures au caractère affirmé.
Design automobile et innovations techniques de la CX
Robert Opron a dessiné une silhouette fluide où l’aérodynamique guide chaque surface. Le capot effilé et la lunette bombée donnent à la voiture une impression de vitesse même à l’arrêt.
Sur le plan technique, la suspension hydropneumatique, la direction Diravi (sur certaines versions) et les boîtes automatiques ou semi-automatiques illustrent la quête d’innovation. Ces caractéristiques ont fait de la CX un laboratoire roulant pour Citroën.
Exemple concret : en tant qu’ancien carrossier, j’ai constaté que la structure résistante des ailes et leur forme particulière demandent des techniques spécifiques de redressage, différentes d’une berline traditionnelle. Ces détails influent directement sur la restauration esthétique et la tenue routière.
Insight : le design de la CX n’est pas seulement esthétique, il traduit des choix techniques qui conditionnent entretien et restauration.
Évolution des motorisations et production automobile
La gamme moteur a évolué rapidement entre 1974 et 1988 : de la CX 2000 (2 000 cm3) à la 2200, puis aux 2400, 2500 et aux versions 2.5 turbo diesel et GTI. Ces évolutions répondent à des impératifs de performances, consommation et normes.
La production a principalement eu lieu à l’usine d’Aulnay-sous-Bois et certains breaks furent confiés à Heuliez. La longévité commerciale de la CX — 17 ans — témoigne d’une capacité d’adaptation rare à l’époque.
| Année | Motorisation | Puissance (DIN) | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1974 | CX 2000 M20/616 1985 cm3 | 102 ch | Début production à Aulnay |
| 1975 | CX 2200 M22/617 2175 cm3 | 112 ch (essence) | Arrivée de la Pallas et options clim |
| 1976-1980 | 2400 / 2500 GTI & diesel | 120 à 138 ch (essence); 75 ch (diesel) | Introduction injection, boîtes 5 rapports |
| 1983-1987 | 25 GTI Turbo / 25 Diesel Turbo | 138 à 168 ch (GTI Turbo); 95-120 ch (diesel turbo) | Versions suralimentées, performances élevées |
Ces données montrent que la CX a su évoluer techniquement pour rester compétitive. En 2026, les collectionneurs privilégient souvent les versions turbo ou Pallas pour leur valeur et leur caractère.
Insight : connaître l’histoire des motorisations aide à cibler les pièces et priorités lors d’une restauration ou d’une acquisition.
Entretien, restauration et conseils pratiques d’un ancien carrossier bénévole
Après des décennies à redresser ailes et réparer planchers, j’ai recueilli des astuces pratiques pour garder une CX en bonne santé. Les points fréquents à contrôler sont la corrosion sur bas de caisse, l’état des sphères hydrauliques, et la mécanique d’injection ou turbo selon le modèle.
Voici une liste d’interventions prioritaires et vérifiables par un particulier :
- Contrôle des sphères : remplacer si elles perdent leur pression pour retrouver l’assiette d’origine.
- Inspection anticorrosion : attention aux jonctions ailes/plancher et aux points de fixation du train arrière.
- Vérification de la direction et Diravi : vérifier jeux et étanchéité pour la sécurité.
- Entretien moteur : distribution, injecteurs ou carburateurs selon l’année, et surveillance du turbo.
- Électricité : prises de masse et faisceaux, souvent à l’origine de pannes persistantes.
En pratique, je recommande de documenter chaque réparation et d’utiliser des pièces d’origine quand c’est possible. Pour les interventions de carrosserie, privilégiez des ateliers habitués aux formes spécifiques de la CX : un redressage mal fait dénature la ligne et complique l’alignement des ouvrants.
Insight : restaurer une Citroën CX demande méthode et patience, mais le résultat restitue une expérience de conduite et un patrimoine automobile uniques.
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Quiz sur la Citroën CX (1974-1991)













