Ancien carrossier retraité, je partage ici le regard d’un homme qui a touché la tôle et appris à connaître les mécaniques d’autrefois. La Citroën 5cv type C, née au début des années 1920, incarne cette France d’atelier et de routes secondaires : petite, fiable et d’un charme discret. Populaire dès sa sortie, elle a permis à des milliers de familles et de débutants de prendre la route. À travers anecdotes de restauration et conseils pratiques, je montre pourquoi ce véhicule ancien reste un classique intemporel de l’automobile française.
Citroën 5cv type C : historique et impact sur l’automobile française
Présentée pour la première fois au Salon de Paris de 1921, la 5 CV s’est vite imposée comme une voiture accessible et robuste. Conçue par Jules Salomon en collaboration avec A. Moyet, elle répondait au besoin d’une automobile économique pour une clientèle large, notamment les femmes et les jeunes conducteurs. Entre 1922 et 1926, Citroën produira près de 80 759 exemplaires, faisant de cette petite voiture un vrai vecteur de démocratisation de l’automobile.
Son surnom, la « Petite Citron », vient des premières livrées en jaune pamplemousse, image désormais ancrée dans la mémoire collective. Cet engouement populaire a influencé la production en série et les méthodes industrielles de Citroën, préparant l’arrivée de modèles plus modernes.

Fiche technique et évolutions (1922–1926) de la Citroën Type C
La Type C se distingue par sa mécanique simple et fiable : moteur quatre cylindres de faible cylindrée, refroidissement par thermosiphon, et une transmission robuste. Les évolutions C2 puis C3 introduiront des améliorations de châssis, d’empattement et de finitions, tout en conservant une vitesse maximale autour de 60 km/h et une consommation très modérée.
| Caractéristique | Type C (C2/C3) |
|---|---|
| Moteur | 4 cylindres, 856 cm3, 11 ch à 2100 tr/min |
| Refroidissement | Thermosiphon (sans pompe) |
| Boîte | 3 vitesses, levier central |
| Empattement / Poids | 2,25 → 2,35 m / 543–590 kg à vide |
| Performances | Vmax 60 km/h, consommation 5–7 L/100 km |
| Production totale | 80 759 exemplaires (mars 1922 – déc. 1926) |
Ces choix techniques expliquent la longévité et la facilité d’entretien de la 5 CV : peu d’électronique, pièces accessibles, et une conception favorisant la réparation en petits ateliers. C’est un atout majeur pour qui restaure ou entretient un véhicule ancien.
Entretien et réparations : conseils d’un ancien carrossier
Pour redémarrer une 5 CV, vérifiez d’abord l’état du réservoir avant et du système d’allumage ; sur certains millésimes l’allumage évolue de bobine-batterie vers magnéto. Contrôlez les paliers du vilebrequin et l’absence de jeu excessif. En carrosserie, privilégiez la conservation des ailes et des éléments nickelés plutôt que leur remplacement systématique.
Ces gestes simples assurent une remise en route fiable et conservent le caractère d’origine du véhicule. Ils constituent la base d’une restauration durable.
Pourquoi la Citroën 5cv type C reste un classique intemporel et comment la collectionner
La 5 CV a ce mélange rare d’accessibilité mécanique et d’affectif : elle est compacte, légère et raconte l’histoire d’une société en mouvement. Aujourd’hui, les collectionneurs recherchent ces autos pour leur authenticité et leur rôle pédagogique — apprendre à conduire et à réparer une voiture vintage sans dépendre d’électronique moderne.
- Facilité de maintenance : pièces simples et interventions réalisables en petit atelier.
- Patrimoine populaire : symbole de la démocratisation de l’automobile française.
- Design reconnaissable : torpédo, «Trèfle» ou cabriolet, chacune raconte une histoire.
- Valeur de collection : rareté relative et forte attractivité dans les salons et rallyes historiques.
Pour qui restaure en 2026, l’enjeu est de trouver l’équilibre entre conservation et sécurité, par exemple installer discrètement des freins modernisés tout en préservant l’aspect d’époque. Cela permet de rouler en sécurité sans trahir le charme d’origine.
Anecdotes et fil conducteur : la restauration de « Marie », une Petite Citron
Je me rappelle la 5 CV de mon voisin, surnommée «Marie» : châssis rabouté, moteur noyé d’huile, mais toujours capable de démarrer après quelques coups de manivelle. En la remettant en état au local associatif, j’ai appris combien ces voitures créent du lien entre générations. Les jeunes viennent pour apprendre à souder, les anciens pour raconter la route.
Cette expérience montre que la 5 CV n’est pas seulement un objet de musée, mais un vecteur d’échange et de savoir-faire. Garder ces voitures en vie, c’est préserver un patrimoine vivant.
Vérifiez votre compréhension
Répondez aux questions suivantes sur la Citroën 5cv Type C de 1926.













