Une crevaison sur une départementale, un soir de pluie, et vous voilà à fouiller le coffre à la recherche du gilet jaune, quelque part sous les sacs de courses et le câble de recharge. Beaucoup d’automobilistes découvrent à ce moment-là qu’ils ne savent plus où il se trouve, ni dans quel état il est. Il vaut pourtant la peine de consacrer quelques minutes à ce vêtement acheté une fois, puis oublié. S’il est bien rangé et bien choisi, vous restez visible au moment où vous êtes le plus exposé.

Un équipement de protection pensé d’abord pour les métiers de la route

Rangé dans une voiture, le gilet de haute visibilité n’a rien d’un accessoire automobile au sens strict. Il s’agit d’un équipement de protection individuelle, de la même famille que les tenues portées par les agents d’entretien des routes, les ouvriers de chantier ou les dépanneurs. Tous ces métiers ont un point commun : travailler à pied, à quelques mètres de véhicules qui roulent vite.

Des fabricants d’équipements de protection individuelle comme Delta Plus proposent des gilets, des vestes et des pantalons haute visibilité destinés à ces professionnels. Le gilet de votre voiture repose sur le même principe, sous une forme plus simple : une matière fluorescente pour être vu de jour, et des bandes rétroréfléchissantes qui renvoient la lumière des phares une fois la nuit tombée.

« À portée de main » : pourquoi le coffre n’est pas le bon endroit

La réglementation, détaillée sur la fiche Service Public consacrée aux équipements obligatoires en voiture, exige un gilet portant le marquage CE et rangé à portée de main.

Tout tient à l’ordre des gestes : il faut enfiler le gilet avant de sortir de la voiture, et non une fois dehors. S’il se trouve dans le coffre, il vous faut longer le véhicule à pied, parfois du côté de la circulation, sans rien sur le dos, pendant les quelques secondes où vous êtes le moins visible.

Rangez-le plutôt dans la contre-porte du conducteur, sous un siège avant ou dans la boîte à gants, si elle n’est pas déjà remplie de papiers. Si vous transportez souvent de la famille ou des collègues, prévoyez un gilet par personne : chacun peut ainsi l’enfiler à sa place, sans attendre que le conducteur lui passe le sien.

Classe, marquage CE, lavages : comment lire l’étiquette ?

Sur l’étiquette cousue à l’intérieur, cherchez d’abord le marquage CE, qui est obligatoire. À côté figure en général un pictogramme accompagné de la mention de la norme EN ISO 20471, celle qui fixe les exigences des vêtements de signalisation à haute visibilité.

Retenez surtout le chiffre inscrit dans ce pictogramme : il indique la classe du vêtement, de 1 à 3. Elle dépend de la surface de matière fluorescente et de bandes réfléchissantes cousues sur le tissu. D’après l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), la classe 3 correspond au niveau de visibilité le plus élevé, tandis que la classe 1 n’est pas prévue pour travailler le long de la voie publique. Entre deux modèles, choisissez celui dont la classe est la plus haute, surtout si vous empruntez souvent des routes à grande vitesse.

Plus discret, un dernier repère figure parfois sur l’étiquette. Lorsque le fabricant a fixé un nombre maximal de lavages, il doit l’indiquer. Au-delà, les performances des matières fluorescentes et rétroréfléchissantes ne sont plus garanties. Un gilet de chantier passe souvent en machine, celui de votre voiture presque jamais, mais il s’abîme quand même, d’une autre manière.

Arrêt d’urgence : dans quel ordre agir ?

Allumez vos feux de détresse, enfilez le gilet encore assis, puis sortez du côté opposé à la circulation lorsque c’est possible. Si l’immobilisation de la voiture représente un danger, dans un virage, près d’un sommet de côte ou par mauvaise visibilité, placez le triangle de présignalisation à 30 mètres au moins de votre véhicule. Faites ensuite éloigner vos passagers de la chaussée.

Ne pas porter le gilet en quittant un véhicule immobilisé sur la chaussée ou à ses abords expose à une amende forfaitaire de 135 euros.

Un gilet oublié depuis des années : faut-il le changer ?

Resté plié sous un siège pendant cinq ans, un gilet peut sembler intact. Dépliez-le à la lumière du jour : une couleur ternie, des taches de graisse, des bandes craquelées ou décollées sont autant de raisons de le remplacer. L’INRS rappelle que la visibilité d’un vêtement de signalisation dépend de sa propreté et de son aspect. Le raisonnement vaut pour le gilet de votre voiture comme pour la tenue d’un agent de chantier.

Profitez d’un passage au contrôle technique ou d’un changement de pneus pour le sortir et vérifier son état, puis rangez-le de nouveau à portée de main.