Les dysfonctionnements électriques représentent environ 18% des pannes automobiles recensées en 2023 selon les statistiques des réseaux de dépannage européens. Parmi les composants fréquemment impliqués, nous retrouvons les relais électromécaniques, ces interrupteurs essentiels qui commandent de nombreux systèmes embarqués. Notre expérience terrain nous a montré qu’un diagnostic précis nécessite avant tout de comprendre leur fonctionnement et de maîtriser les techniques de mesure appropriées. L’utilisation d’un multimètre permet justement d’identifier rapidement si un relais présente une défaillance, évitant ainsi des remplacements inutiles et coûteux d’autres composants électriques.
Les relais automobiles et leur rôle dans le circuit électrique
Un relais automobile fonctionne comme un interrupteur commandé électriquement, permettant de gérer des circuits de forte puissance via un signal de faible intensité. Ce composant protège les contacteurs fragiles du tableau de bord tout en autorisant le passage de courants élevés nécessaires au fonctionnement des phares, du démarreur ou encore du système de refroidissement. Nous observons régulièrement que leur défaillance provoque des symptômes variés, allant de l’absence totale de démarrage à des clignotements anormaux des feux.
Savez-vous identifier les broches d’un relais automobile ?
Les broches 85 et 86 correspondent a :
Les constructeurs automobiles utilisent principalement trois catégories de relais. Les relais électromagnétiques classiques comportent une bobine qui génère un champ magnétique, actionnant un contact mobile pour établir ou interrompre la connexion électrique. Ces modèles équipent la majorité des véhicules depuis les années 1980, date à laquelle leur standardisation s’est généralisée. Les relais à semi-conducteurs, plus récents, exploitent des transistors pour piloter le courant sans éléments mécaniques mobiles, offrant une durée de vie supérieure. Enfin, les relais temporisés intègrent un circuit de temporisation qui retarde l’activation ou la coupure du courant selon une durée programmée.
Lors de nos interventions, nous constatons que les défauts moteur peuvent parfois être liés à une défaillance de relais plutôt qu’à un problème mécanique direct. La localisation précise du relais suspecté nécessite la consultation du schéma électrique du véhicule, généralement disponible dans la documentation technique ou sur les plateformes spécialisées en ligne.
Préparatifs indispensables avant le contrôle électrique
Nous recommandons vivement de rassembler le matériel nécessaire avant d’entamer toute opération de diagnostic. Un multimètre numérique de qualité constitue l’outil principal, capable de mesurer la résistance en ohms ainsi que les tensions continues et alternatives. Les modèles d’entrée de gamme suffisent généralement pour ce type d’intervention, avec des prix démarrant autour de 20 euros pour des appareils fiables.
La sécurité reste notre priorité absolue lors des manipulations électriques. Nous coupons systématiquement le contact et débranchons la borne négative de la batterie pour éliminer tout risque d’électrocution ou de court-circuit. Cette précaution protège également les modules électroniques sensibles présents sur les véhicules modernes, dont le remplacement peut s’avérer particulièrement onéreux.
Le repérage du relais défaillant s’effectue grâce au schéma électrique, qui indique son emplacement exact dans le boîtier fusibles. Sur certains modèles récents, comme illustré dans notre guide du Scénic 3, plusieurs dizaines de relais peuvent cohabiter. Une fois identifié, nous retirons délicatement le composant de son support en le saisissant fermement pour éviter de tordre les broches. L’identification des différentes broches nécessite la documentation technique, distinguant généralement les bornes de commande (85 et 86) des bornes de puissance (30 et 87).
| Numéro de broche | Fonction | Type de circuit |
|---|---|---|
| 85 et 86 | Alimentation bobine | Commande (faible intensité) |
| 30 | Entrée puissance | Circuit principal |
| 87 | Sortie contact fermé | Circuit principal |
| 87a (optionnel) | Sortie contact ouvert | Circuit principal |

Mesure de résistance et contrôle de continuité
Cette méthode accessible permet d’identifier rapidement une bobine défectueuse ou des contacts grippés. Nous configurons le multimètre sur la fonction ohmmètre, symbolisée par la lettre grecque Ω ou un pictogramme sonore selon les modèles. Le placement des pointes de mesure s’effectue sur les broches 85 et 86, correspondant au circuit de commande du relais.
Une bobine fonctionnelle affiche typiquement une résistance comprise entre 50 et 120 ohms, variable selon la conception du relais. Certains multimètres émettent un signal sonore confirmant la présence de continuité. L’absence totale de continuité ou une résistance infinie signale une rupture du bobinage, rendant le relais inutilisable. À l’inverse, une résistance proche de zéro indique un court-circuit interne.
Le contrôle des contacts de puissance s’effectue entre les broches 30 et 87. Sans alimentation électrique de la bobine, ces contacts doivent rester ouverts, ce qui se traduit par une résistance infinie au multimètre. Si nous détectons une continuité au repos, cela révèle des contacts soudés ou collés suite à un arc électrique. Cette défaillance s’observe fréquemment sur les relais pilotant des charges importantes comme les moteurs de ventilateur. Notre expérience montre que ce type de panne affecte particulièrement les véhicules dépassant 150 000 kilomètres.
Vérification dynamique avec alimentation externe
Pour valider complètement le comportement du relais, nous procédons à un test sous tension reproduisant ses conditions réelles de fonctionnement. Cette approche nécessite une source d’alimentation 12 volts stabilisée, comme une batterie auxiliaire ou un chargeur de qualité. Nous connectons cette alimentation aux bornes 85 et 86 en respectant la polarité indiquée sur le boîtier du relais, certains modèles étant polarisés.
Le multimètre, configuré en voltmètre continu, permet de vérifier la tension d’activation appliquée à la bobine. La valeur mesurée doit correspondre à la spécification du constructeur, généralement 12 volts pour les circuits standard ou 24 volts sur les poids lourds. Un écart significatif suggère un problème d’alimentation plutôt qu’une défaillance du relais lui-même.
Pendant que nous maintenons l’alimentation active, la mesure de continuité entre les broches 30 et 87 doit révéler une résistance proche de zéro ohm, confirmant la fermeture des contacts. Nous percevons habituellement un déclic caractéristique lors de l’actionnement mécanique. L’absence de ce bruit ou une résistance élevée malgré l’alimentation de la bobine indique des contacts oxydés ou un mécanisme d’actionnement grippé. Dans ces situations, nous recommandons systématiquement le remplacement plutôt qu’une tentative de réparation, le coût d’un relais neuf restant modéré, généralement inférieur à 15 euros.
Les problématiques électriques touchent également d’autres composants du circuit de démarrage, comme nous l’expliquons concernant les pannes sur certains véhicules électriques légers. La procédure de test dynamique s’avère particulièrement pertinente pour diagnostiquer les relais installés dans le compartiment moteur, exposés aux variations thermiques et aux projections susceptibles d’accélérer leur vieillissement.
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